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Oeuvre collective contenant les lauréats du concours de poésie "Epique époque et calligrammes"

"La vie au bout de soi", c'est un recueil de poèmes pour la plupart mis en musique à la guitare classique.
"Drôles d'Ani Mots" (poèmes pour enfants et adultes avec illustrations de dessins de Valérie Vidal). L'ouvrage est épuisé mais vous pouvez lire les poèmes et voir les dessins en dernière rubrique : "Poèmes pour la jeunesse".
Articles de presse parus en août 2003 dans Le Télégramme de Quimper et le 21 décembre 2003 dans Midi Libre, page 37.
LIRE LA CRITIQUE DE MES DEUX AVANT-DERNIERS OUVRAGES PAR FRANCOIS VALLET ECRIVAIN CHEZ L'HARMATTAN
"Nous, les poètes" : un recueil de Brèves poétiques et de courts poèmes.


Le Miraculé :
ANALYSE DE L'OEUVRE :
Comme l'indique l'avant-propos, c'est parce que "la pauvreté est inscrite dans le langage", que l'écrivain ment. "Mais il ment justement..." et avec dessein de raconter d'une manière juste une histoire empruntée à l'imaginaire le plus pur, le plus fou.
Quelle est cette histoire ? A vrai dire, elle est peu banale. Dès le premier chapitre, un miraculé de la route (qui ne le sait pas encore) traverse le paradis des poètes et des artistes. C'est une ambiance de fête qu'il découvre
aussitôt. Le roman développe d'emblée le thème de l'amitié : le personnage est invité à la taverne "Aux Copains d'abord où il côtoie sans aucune cérémonie Brassens, Brel, Ferré, Gainsbourg, Lapointe, Piaf (à noter que tous ces artistes ne sont désignés que par leur prénom et que l'auteur propose au lecteur un jeu de devinettes qui deviendra plus difficile
au fur et à mesure du déroulement du récit). Une amitié très forte s'installe aussitôt. et, à son départ, Brel lance espiègle : "Reviens t'encanailler quand tu voudras !"
L'invitation à la table des poètes (Rimbaud, Verlaine, Hugo, Baudelaire, Rutebeuf, Ronsard) se révélera encore plus riche. Pour en juger, ces quelques extraits :
- Paul : "Qu"il est bon de loger dans le coeur d'une femme ! C'est bon comme d'avoir la lune bien à soi, toute à soi."
Des voix disent : "L'enfer de l'homme est son désert, celui de son inutile liberté.
- Mon enfer est que je n'écris que pour mon chien. C'est à la Liberté que j'en veux car j'ai cru en ses yeux. J'aurai vécu ce que dure l'espoir, le temps de n'avoir rien fait, d'en avoir appelé à ne rien voir. Ma main a dessiné ce qu'elle a pu.
- A vingt ans je voulus sourire; je mis une fleur au bout de mon âme. J'ai poussé ma jeunesse au milieu du rire des autres. Je lutte aujourd'hui de mes mots pour qu'on ne rie plus de personne, pour que les enfants ne se jettent plus dans le canal."
Curieux monde que cet Eden d'artistes : Edith Piaf et Jean Cocteau étant morts le même jour sont donc nés jumeaux dans ce monde-ci où ils ont hérité du don de télépathie entre eux, ce qui offre le prétexte d'une scène cocasse. Saint-Exupéry s'y est incarné en Petit Prince (Ceci explique que l'on n'a jamais pu retrouver le corps de l'écrivain dans la mer. Le mystère
de sa gourmette retrouvée est ainsi élucidé : l'objet a glissé de son poignet lors de sa transformation). Et Antoine alias le Petit Prince demande qu'on lui dessine un mouton. Tout est ainsi fait de surprises et de rencontres
insolites au détour des pages comme cette autre rencontre entre le personnage qui entre dans une toile de Monet et qui tombe nez à nez avec Jean Renoir qui, lui aussi, se balade de tableau en tableau. Sans doute dispose-t-il d'un laissez-passer du fait que son père était du cénacle des grands impressionnistes ?
Mais si cet univers est déroutant, ce n'est que pour apporter des clés de compréhension à notre monde terrestre. Ainsi, ces propos attribués par
l'auteur imaginatif au cinéaste Jean Renoir : "L'homme est à l'heure de sa mort à se demander ce qu'il a pu lire de sa vie, qui reste le grand mystère. Sur la toile tendue de sa mémoire, que voit-il ? Le jeu de la vie consiste à en deviner la règle. On se jette dans le jeu et on découvre ses règles au fur et à mesure. N'arriver à rien voir dans la vie qu'une ébauche, pour qui sait tendre les yeux, fait de la seule vie immédiate un poème perceptible. Nous pouvons y trouver ce qu'aucun film ne peut donner."
Les clés abondent autant que les jeux de mots dans cette histoire, ce qui permet d'alterner philosophie et humour et évite au récit l'écueil de la prise au sérieux.
Le personnage central, retombé sur terre, se heurte à la réalité et perd
peu à peu le contact avec l'Au-delà. Il parvient néanmoins à composer une belle chanson en hommage à Jane Birkin (texte intégral dans le roman), guidé, il est vrai de façon surnaturelle, par la main de Serge Gainsbourg. Et il aura
encore quelques rares visions fugitives dominées par l'idée de liberté, de partage et de générosité.
Extraits :
"Ce soir, s'il entrait un oiseau, si un mot me tend la main, je partirai. J'aurai pour alliée la guêpe bleue dans l'herbe où se trame une orange,
les senteurs des mésanges, les arbres à sourires. Là-bas, ces paysages frappés de paons, de lamas de couleurs et d'oiseaux caressants." (...)
"De grands oiseaux viennent à moi. Tout un peuple se sent revivre dans le feuillage. Il y a des oiseaux sans but, des oiseaux pensifs, des oiseaux de fortune. Puis ils disparaissent comme des ombres timides dans les cloisons du
ciel. Un mystérieux amour me grise. Quelque chose m'envahit de calme et me met la tête au repos, me remplit d'un désir d'aimer. J'ai envie de
donner de l'envie. J'ai envie que mes mots donnent plus que mes mains. L'amour, comme on sait, en demande toujours plus."
"Je suis cet étudiant aux yeux étincelants, épris du vent, dont la maison est un voyage, un matin ample à partager. Mon père était d'azur. Ma mère,
elle ne cessait d'évoluer sous ses habits d'infini. Sur le perron, ses jambes progressaient. Je crus en elle le jour où elle déborda et que son corps se prolongea par un après-midi de silence et de sève."
Les amateurs de poésie ne s'en tiendront pas là, ils trouveront des poèmes, tous primés dans des concours, et repris in extenso dans le roman pour leur plus grand plaisir
(voir rubrique "poèmes primés)
Dans "L'aurore est à l'étable...", le thème de la lumière établit un parallèle avec le passage dans l'Au-delà. Mais des contrastes sombres
viennent aussi émailler le récit décrivant un personnage de plus en plus seul en proie au doute dans un monde qui lui paraît désormais sans issue.
"On se dit : Rien ne vaut d'être possédé, mais l'on reste cloué sous son poids de choses. Il y a bien cet Ailleurs qu'on suppose mais on a beau faire, on reste toujours dans la boue. Je donnerai le nom d'Humanité à cette argile qui n'aboutit pas."
"Je suis cette fleur au milieu du désert.
Un matin j"ai soif et mes lèvres
sont mortes."
(...) "Mes larmes de cristal se brisent en mille éclats sur de hautes
murailles."
(...) "La lunette de nos astronomes ne donnent plus que sur des cauchemars
sans tête que l'on juge élégants."
Le personnage se voit même, dans une ultime vision d'horreur, "comme une bête puante" buvant aux côtés de Rimbaud dans sa dernière auberge. Pourtant l'auberge est le plus souvent représentée comme un lieu sacré d'amitié et de joie : "Un soir, dans le fond d'une auberge, je me suis souvenu des fleuves, des fleuves descendant les fièvres et qui mouraient dans la folie. Alors, j'aurais voulu toutes les femmes, toutes les vies, et des voyages jusqu'au bout des rues. Avec la mer à regarder, le soleil et rien d'autre...�
Pour conclure, on peut reprendre ce mot de l'auteur : "Ce que la vie
n'accorde pas, la poésie le lui tend. Ainsi posée, la vie ne peut plus décevoir."
Un roman poétique et onirique qui, ainsi posé, ne pourra décevoir...
La Passagère des sables (1991 - épuisé) : Mon premier recueil de poèmes
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